Le baromètre publié lundi par l'Avere-France et le ministère de la Transition écologique recense 200 045 points de recharge ouverts au public au 31 juillet, en hausse de 15 % sur un an. La barre symbolique est passée. Sauf que le rythme d'installation faiblit depuis janvier, et que l'objectif gouvernemental de 400 000 points en 2030 supposerait de poser moitié plus de bornes chaque semestre.
Une borne sur deux au supermarché
Les 200 045 points recensés par la plateforme Gireve se répartissent dans 55 587 stations, un maillage qui place la France parmi les pays les mieux équipés d'Europe. La géographie de ce réseau ne ressemble pas à l'image qu'on s'en fait. Les commerces en concentrent 47 %, les parkings 30 %, la voirie 13 %, et les autoroutes se contentent de 2 % du total. Rien d'anormal : les stations d'autoroute sont peu nombreuses mais dimensionnées pour les départs en vacances, alors que la borne de supermarché travaille toute l'année. La recharge publique du quotidien se joue donc sur le parking du centre commercial, entre deux courses. C'est d'ailleurs comme ça que je recharge ma Zoé, au Carrefour du coin qui est équipé depuis peu (je ne peux pas recharger chez moi).
Le rythme faiblit au mauvais moment
Le premier semestre a vu arriver 14 544 nouveaux points, contre 19 880 sur la même période l'an dernier. Le coup de frein est net. Pour tenir les 400 000 points promis en 2030, il faudrait en raccorder plus de 22 000 par semestre, soit une fois et demie le rythme actuel. L'Île-de-France est la région la mieux dotée avec 33 830 points, devant Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine. Le réseau continue donc de grandir, mais plus lentement, et personne n'a vraiment expliqué pourquoi les raccordements ralentissent alors que la demande n'a jamais été aussi forte.
Plus de 5 000 points à 350 kW
La moitié du réseau est en courant alternatif entre 7,4 et 22 kW, la recharge lente des parkings et des commerces justement. Mais le courant continu au-delà de 150 kW pèse maintenant 13 % des points, et plus de 5 000 d'entre eux délivrent au moins 350 kW, de quoi recharger très vite la quasi-totalité du parc actuel. Cette évolution accompagne une bascule commerciale : l'électrique a représenté 35 % des immatriculations en juillet, un record dont on vous parlait il y a quelques jours.
On en dit quoi ?
L'argument du pas assez de bornes a longtemps servi à repousser l'achat d'une électrique. Avec 200 000 points publics, il ne tient plus vraiment, d'autant que l'essentiel de la recharge se fait à la maison ou au travail. Le vrai point noir est ailleurs : 13 % de points en ville, c'est peu pour tous ceux qui n'ont ni garage ni place attitrée. Et ce ralentissement des installations tombe exactement au moment où les ventes décollent. Mais bon, les opérateurs ont posé leurs bornes avant que les clients n'arrivent. Ce serait quand même dommage de lever le pied maintenant que les voitures sont là.